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Roberto Fonseca : piano libre

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Thursday April 19, 2012

From: Les Inrocks

Musicien surdoué, le pianiste Roberto Fonseca revient avec un album impressionnant, qui ouvre pour de bon les frontières de la musique à Cuba.
By: Yannis Ruel

C’est en 2005 que le Cubain Roberto Fonseca rejoint pour la première fois nos platines, grâce à sa participation au disque Echu Mingua de son regretté compatriote le percussioniste virtuose Miguel “Angá” Díaz. L’enregistrement de ce manifeste de jazz afro-cubain, postmoderne et sans frontière, avait permis au jeune pianiste de La Havane de jouer pour la première fois avec un musicien africain, Baba Sissoko.

Sept ans plus tard, le même Baba est au coeur du projet de Fonseca, consacré depuis parmi les meilleurs compositeurs-improvisateurs débarqués de la plus grande île des Antilles. Présent sur la plupart des morceaux de l’album Yo, le poly-instrumentiste malien est une pièce maîtresse de la nouvelle formation du Cubain, remaniée pour l’occasion avec claviers vintage, basse et guitare électrique. “Je rêvais de retravailler avec Baba, il était le premier sur la liste des personnes auxquelles j’ai pensé pour ce disque”, explique Roberto Fonseca.

Dans le studio parisien où nous assistons à leur dernière répétition, les deux hommes ne se quittent pas du regard et échangent des sourires, faute de pouvoir partager quelques mots en espagnol ou en français. Une main sur le Steinway et l’autre sur l’orgue Hammond, Fonseca détourne systématiquement ses compositions en joutes instrumentales improvisées. Sissoko, au tambour d’aisselle tamani, luth n’goni et chant, répond à l’éloquence du Cubain avec l’assurance d’un musicien rompu à ce mode de session, où l’échange prime sur l’interprétation. Le plaisir de ce dialogue ludique et spirituel est palpable et irrémédiablement contagieux.

Si la tournée de Fonseca laisse augurer de beaux duels pour nos soirées d’été, son nouvel album s’avère tout aussi passionnant, à la hauteur des ambitions de ce musicien prolifique et omniscient. Formé au sérail cubain de la musique classique, adoubé dans le registre de la tradition au sein du Buena Vista Social Club, c’est dans celui du jazz (où il laisse libre cours à une écriture lyrique habitée de pulsations afro) qu’il accède à la consécration depuis cinq ans. Plus récemment, il imprimait sa classe au projet Havana Cultura de Gilles Peterson, sur la nouvelle scène rap et soul de l’île socialiste.

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