ARTIST ROSTER TOUR DATES NEWS HOME

L’ÉQUILIBRE SELON MARK GUILIANA

< Back

Friday October 14, 2016

From Citizen Jazz

L’ÉQUILIBRE SELON MARK GUILIANA
By: Denis Desassis

Mark Guiliana est venu à Nancy Jazz Pulsations, précédé d’une réputation flatteuse que les faits vont avérer. Le batteur s’est notamment fait connaître aux côtés d’Avishai Cohen avec lequel il a joué pendant cinq ans, mais aussi de Brad Mehldau. Surtout, son nom a circulé auprès d’un public dépassant de loin celui de la jazzopshère puisqu’il faisait partie des musiciens ayant participé à Blackstar, l’ultime disque de David Bowie publié deux jours avant la mort du chanteur.

Les nancéiens ont de la chance puisque son concert à NJP était le premier de sa tournée. Force est de le constater : Mark Guiliana n’a pas manqué ce rendez-vous en présentant un quartet dont chaque personne présente au Théâtre de la Manufacture a pu apprécier le cocktail d’équilibre, de densité, d’élégance et d’émotion. Surtout, on comprend vite que le jazz de Mark Guiliana est dans l’air du temps, susceptible d’attirer vers lui un public jeune. Si sa facture acoustique : saxophone, piano, contrebasse, batterie est des plus traditionnelles, il puise son inspiration autant dans l’histoire de cette musique que dans une recherche mélodique guettant du coin de l’oreille l’univers des pop songs et de thèmes volontiers accrocheurs (en cela, le batteur nous rappelle sa collaboration avec Brad Mehldau). Mais surtout, bien au-delà du répertoire lui-même, c’est l’exécution qu’il faut souligner. Si Guiliana est bien le leader, il accorde beaucoup d’espace à chacun de ses musiciens et assure l’équilibre de son quartet. Fabian Almazan (piano) délivre un jeu aérien et très mélodique (une autre influence de Mehldau ?) qui séduit instantanément ; le drive de Chris Morrissey (contrebasse) est impressionnant de présence harmonique et n’est pas sans évoquer celui du grand Dave Holland, probable influence pour lui ; la sonorité ample et droite du saxophone ténor de Jason Rigby est empreinte de justesse et de beaucoup d’émotion, il porte en lui un feu intérieur à la tonalité méditative, parfois proche du recueillement. Quant au batteur, on remarque très vite chez lui, outre la précision extrême de son jeu, un recours minimal aux cymbales. Celles-ci sont la source du drive pendant qu’il cherche d’autres timbres, essentiellement sur ses fûts et sa caisse claire. Il n’est pas un frappeur, mais bien un mélodiste dont les « couleurs de peaux » sont de toute beauté.

To read more click here